Francisque Allombert, issu d’une vieille famille du Bugey, est né à Cerdon, en 1860. Il commença ses études au lycée de Bourg et les termina brillamment au Lycée de Lyon. C’est dans cette ville également qu’il prit ses inscriptions à la faculté de droit. Mais Paris attirait irrésistiblement Francisque Allombert, admirateur passionné des Belles-lettres et des Arts. Là, il se lia de vive amitié avec son compatriote Tony Révillon, qui lui servit de parrain, à son entrée dans le journalisme et le mit en contact avec des hommes politiques et des hommes de lettres qui ne tardèrent pas à le juger à sa juste valeur, à l’estimer et à l’aimer.
Il devient le collaborateur du Radical, où ses articles furent justement appréciés ; de l’Electeur républicain que Révillon dirigeait et où, promptement, on remarqua ce talent souple et fort, cette prose éclatante et solide dans sa forme, marquée au bon coin d’une personnelle originalité et d’un robuste bon sens. Il collaborait encore à d’autres journaux politiques, comme la Nouvelle Presse, au supplément littéraire du Figaro et à des revues littéraires, où sa place, de jour en jour, s’élargissait.
C’est à cette époque qu’il publia, tant au Radical qu’au Petit Parisien, comme en librairie, de nombreux romans qui obtinrent un éclatant succès ; citons : L’amant de sa femme ; Colibri ; La Dette d’une morte ; Le crime des pères, etc.
En janvier 1893, se rendant aux sollicitations pressantes de ses amis, les républicains du département de l’Ain, Francisque Allombert quittait Paris ; il abandonnait un avenir littéraire qui s’annonçait sous les plus brillants auspices et venait dans l’Ain, combattre pour la République, avec une ardeur juvénile, un dévouement jamais lassé, une loyauté à laquelle tous ses adversaires de bonne foi se sont plus à rendre hommage.
Ce qu’il fit du Courrier de l’Ain, tant au point de vue journal, qu’au point de vue imprimerie, quand il en devient le propriétaire, il faut le demander à la foule des lecteurs, séduits, convaincus, charmés et pour qui la lecture de son article quotidien était un véritable régal.
Le 13 novembre 1898, Francisque Allombert posait sa candidature au siège législatif laissé vacant dans l’arrondissement de Nantua. Il était élu au 2ème tour de scrutin.
Survinrent les élections municipales. Ses compatriotes de Cerdon le firent conseiller municipal, d’abord, puis ils l’élurent maire. Francisque Allombert fut très touché de cette manifestation de sympathies mais il fit valoir ses occupations absorbantes et son éloignement constant de son pays natal pour déterminer ses amis à accepter sa démission.
Le 28 juillet 1901, au deuxième tour de scrutin, Allombert était élu conseiller général du canton d’Oyonnax en remplacement de Monsieur Dupuy, décédé. Mais son état de santé ne lui permettait pas de se dévouer aux intérêts de ses mandataires, comme sa conscience le lui demandait et comme il l’aurait voulu. Malgré les vives sollicitations dont il fut l’objet, il ne se décida pas à poser de nouveau sa candidature à ces deux sièges. Toutefois, avant de quitter la Chambre des Députés, en mars 1902, il prononça un magistral discours, en faveur du rétablissement du scrutin de liste. La majorité de ses collègues ne partagea pas, à ce propos, ses opinions, mais tous furent unanimes à louer sans réserve l’éloquence large et puissante avec laquelle il avait exposé sa doctrine et son admirable langage eut, dans tout le pays, un retentissement profond.
Déjà à cette époque, Allombert se sentait frappé par le mal cruel qui devait vaincre sa robuste constitution d’athlète. En novembre 1902, quelques jours après l’inauguration du buste de Gabriel Vicaire, qu’il présida au Luxembourg et qui lui fournit l’occasion de prononcer un superbe discours, il eut à subir une crise d’urémie qui fut terrible et qui faillit l’emporter. Il alla demander au ciel du midi un rétablissement qui ne fut qu’imparfait et passager : le 17 octobre 1903, il mourait à Bourg, d’une nouvelle crise qui le terrassait en quelques heures.
Ses funérailles, qu’il avait voulu dépourvues de tout caractère confessionnel, eurent lieu à Cerdon et revêtirent le caractère d’un deuil public (Extrait de la Biographie insérée en tête de « Quelques pages »).
La reconnaissance des amis et concitoyens de Francisque Allombert se manifesta après sa mort par l’érection d’un monument à sa mémoire sur l’antique place des Halles, à Cerdon, qui porte depuis le nom de place Francisque Allombert.
Le buste d’Allombert est l’oeuvre du génial sculpteur Muscat et les plans du monument furent dressés par l’architecte A. Rochet.